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J'adore écrire. Je suis une raconteuse et une écrevisse qui est, pour moi, le féminin d'écrivain. J'adore écrire pour vous, mes fans, et partager ainsi mon monde fait de confettis, de brillants et d'heureusements de toutes les couleurs.

samedi, février 11, 2012

Si j'étais un pique-nique

Je me trouve bien ordinaire. Le temps est beau. Tables de bois, couvertes, sandwiches, breuvages. Des gens qui jouent, crient, grignotent. Il y a comme dans tout pique-nique, une abeille tannante qui adore asticoter en reluquant la canette de Coke. Il y a ce goéland sorti d’on ne sait où qui attend de grappiller quelques restants de pain. Il y a quelques fourmis sur une chip oubliée sur la nappe. Il y a cette petite chose larmoyante qu’on appelle bébé qui vient de s’enfarger dans son ombre. Il y a du placotage, des rires, des pommes. Du sable parti au vent qui vient se poser sur la salade en espérant imiter le poivre. Il y a cette barre de chocolat fondant et de la musique pour danser. Il y a des rires, des rumeurs, des flirts. Ça j’aime bien.

Le flirt c’est ce qui me rend un peu dingue. Je suis le genre de pique-nique qui s’ennuie quand ça va trop bien. Je m’ennuie quand tout semble idéal mais, heureusement, il y a ce coup de vent bienvenu. Je savais qu’il m’aiderait. Mon ami le vent adore venir jouer les troubles fête. Il aime la musique, adore danser en tourbillonnant et soulever les nappes, les jupes, déplacer quelques papiers et les ballons. C’est un coquin. Et moi? Ben j’ai l’impression d’être un barbeau sur la toile d’ un paysage tranquille. C’est ce qui me convient le mieux.

Aujourd’hui tout spécialement. Je sais que je ne m’ennuierai pas. C’est ma fête aujourd’hui. Et je suis content de vivre intensément. Justement, j’entends les tambours et je vois les flashes zébrés et étincelants se ruer sur moi comme des paparazzis hystériques. Nuages noirs, vents violents, tonnerre et pour couronner le tout, une grosse pluie battante. Et voilà que je suis un pique-nique à l’eau. Tout le monde court un peu partout. On ramasse sandwiches mous, couvertures trempées, on essaie de récupérer le chapeau envolé, le ballon disparu. On se rue dans les autos, les abris de fortune. Merveilleux! On va se souvenir de moi longtemps ! Il y a ce couple qui ne pensait jamais avoir la chance de cette heureuse coïncidence. Ils se sont cachés derrière un gros rocher bien à l’abri sous une couverture. Et ils apprennent à faire connaissance avec leurs lèvres, leurs mains, leurs peaux. Et ce soir, l’orage envolé comme leurs vêtements, ils marcheront sur la plage à la pleine lune, amoureux et l’âme remplie de moi, ce pique-nique d’orage qui leur a permis de lier leur destin.
J’aime quand je suis comme ça. Un peu froissé, un peu mouillé, source de désappointements, de souvenirs mémorables et surtout d’amour.

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