Qui êtes-vous ?

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J'adore écrire. Je suis une raconteuse et une écrevisse qui est, pour moi, le féminin d'écrivain. J'adore écrire pour vous, mes fans, et partager ainsi mon monde fait de confettis, de brillants et d'heureusements de toutes les couleurs.

mardi, mars 30, 2010

Lettres de Madame la marquise

Considérez-vous comme salués, mes nobles lecteurs.

J’adore écrire dans le style de Cyrano de Bergerac et
dans ce langage fleuri de la cour de France.
Alors, voici quelques missives envoyées aujourd’hui.
La première est la réponse à un de mes partenaires de danse me disant de prendre soin de moi.
La seconde est une lettre d’encouragement pour un de mes élèves en français à qui je demande d’écrire une petite anecdote tous les jours. Il est en train d’étudier du Molière et je me fais un malin plaisir de lui offrir quelques rimes.

Il fut un temps où, avec un ami devenu avocat maintenant, nous conversions en alexandrins!!!
Nous vivions dans l’esprit de l’amour courtois. Bruno a beaucoup influencé mon écriture et je l’en remercie grandement voire même suavement.




Ah! Quel noble chevalier êtes-vous mon sire
Que de vous enquérir avec tant de sollicitude,
de mes tourments bénins, qui pourraient faire sourire!
Ce geste comble de joie mon coeur par trop cerné d'habitude.
Au plaisir de retrouver la béatitude d'être soumise entre vos bras
Étant fort aise de le clamer ici bien fort et aux pas.
La bienséance sied si bien à la danse
Que je peux me permettre d'en tirer jouissance.
Au plaisir de se retrouver dans des lieux seyant à la bonne convenance,

Votre romantique obligée,

Lady Michelle, marquise de Sainte-Écrevisse




Bien à vous, mon noble ami;

mon voeu le plus cher est que je sois votre muse
Afin qu'à votre esprit vienne l'inspiration.
N'ayez crainte, de vos écrits, mon intellect s'amuse
Et se délecte de la qualité de vos distinctions.
Sachez que jamais mon coeur ne refuse
Les épanchements fantasques de votre imagination;
Qu'en aucun cas vos compliments et vos désirs n'abusent.

Que la verve de votre plume puisse chatouiller mes yeux
Soyez bien aise de combler mon âme d'un noble aveu.

Votre toute dévouée,

Lady Michelle Marquise de Sainte-Écrevisse.

dimanche, mars 28, 2010

Le bassin de Fred

Le bassin de Fred….

Fred, mon gendre, faisait un stage en tant qu’ingénieur civil sur un gros chantier de construction à Montréal.
Durant six mois, le bassin fut le principal sujet de conversation de Fred. Il venait à la maison et je lui demandais de me parler de son travail. Vous connaissez les ingénieurs. Toujours prêts à expliquer en long et en large les principes de plein de choses intéressantes mais le surplus d’explications devient comme trop de crème fouettée. Ça tombe sur le système…

Malgré tout, j’aimais bien entendre Fred commenter sur ce qui était devenu au fil des mois Son bassin. Il était trop petit ou il manquait d’eau ou un tuyau s’était brisé, un filtre devait être remplacé ou il fallait choisir la bonne sorte de sable. Je posais des questions qui devaient être judicieuses puisque Fred me répondait avec enthousiasme.

Ma fille me téléphonait et inévitablement, je demandais comment se portait le bassin de Fred. Chaque jour offrait son lot de rebondissements concernant le fameux bassin. Je ne comprenais pas trop pourquoi c’était si compliqué. Je me disais que ça devait être un bassin vraiment grand et situé dans un milieu difficile pour qu’on en parle encore six mois plus tard.

Et, un jour, le bassin fut terminé. Du moins, le stage de Fred l’était. Il devait présenter un rapport que j’ai eu à corriger. Quelle ne fut pas ma surprise de lire ce compte-rendu et surtout d’observer la photo. On y voyait un grand rectangle contenant de l’eau et une substance visqueuse entouré de conteneurs, de sable, de camions, de planches et de tuyaux.
C’était un bassin de décontamination!!!!

C’est ça le fameux bassin?

Moi, depuis six mois, je pensais que ce projet difficile était celui de l’aménagement d’un bassin pour les poissons dans un environnement précaire!!!!

Le mystère reste entier…. Comment ai-je fait pour poser des questions pertinentes durant tout ce temps sans susciter le moindre doute quant à ma compréhension de la chose…. ?

C’est une énigme de belle-mère…..

vendredi, mars 26, 2010

Essence ordinaire

Très tôt, un dimanche matin, je m’en vais à une station-service. Un pompiste dans la vingtaine s’approche. « Bonjour! 20$ d’Ordinaire s’il vous plaît !»
C’est le lendemain de la St-Valentin. La nuit semble avoir été courte et décevante pour ce jeune homme qui termine le rituel du rangement de pompe à essence. Compatissante, je lui donne l’argent, un pourboire et j’ajoute : « Voici une pensée-bonbon de St-Valentin.» Il sursaute, me remercie en souriant. Nous nous souhaitons une belle journée qui augure bien.

Quelques mois plus tard, très tôt, un dimanche matin, je retourne à la station-service. Je souris au jeune pompiste. J’aurais pu me contenter de lui demander 20$ d’Ordinaire mais pourquoi ne pas ajouter quelques mots printaniers? Je me penche et lui demande s’il a pensé à la fête des mères! Il aurait pu m’envoyer promener sur le trottoir du mêle-toi-de-tes-affaires mais il me répond : « Je lui ai acheté des fleurs et nous avons fêté vendredi soir pour souper.» Il sourit fièrement à ce souvenir heureux qu’il partage avec moi.
Je lui donne l’argent et un pourboire en lui souhaitant une excellente journée. Juste avant que je parte, timidement, il me dit : « Je vous reconnais. C’est vous qui m’avez offert une pensée! Merci beaucoup!» C’est à mon tour d’être étonnée. Je ne l’avais pas reconnu et il se souvient de moi. On se sourit. La journée commence bien.

Très tôt, dimanche dernier, je retourne à la station-service. Le pompiste a le visage avenant quoiqu’endormi. Il fait si beau! Pourquoi laisser le 20$ d’Ordinaire couler dans le réservoir sans placoter? Alors, niaiseusement, je dis : « Avez-vous commencé l’école?» Je me fais penser à la matante tannante qui pose toujours cette question stupide en septembre. Il me dit oui et j’enchaîne toute fière : « Moi aussi j’ai commencé l’école!» «Vous faites votre Secondaire V?» Je ricane intérieurement à cette giclée de fontaine de Jouvence! Mon secondaire est si loin déjà. « Non! Je suis des cours d’écriture. Et j’ai même des devoirs!» Je prononce le mot devoir avec la fierté d’une fillette de première année. « Je suis en train d’écrire un livre. On ne sait jamais, vous pouvez vous retrouver dedans!» J’ajoute dans un déclic de mémoire : « N’est-ce pas à vous que j’ai offert une pensée-bonbon? » Il opine de la tête. «Alors, c’est certain! Vous allez faire partie de mon prochain devoir. Est-ce que vous serez là dimanche prochain?»

Il n’y aurait pas matière à en faire toute une histoire mais j’avais une nouvelle à écrire comme devoir et elle finit ainsi :

Très tôt, les dimanches matins dans une station-service, deux inconnus font le plein de gentillesse à l’essence de la vie ordinaire.

jeudi, mars 25, 2010

Le trèfle du coeur

Bonjour à vous, mes lecteurs assidus;

je vous offre cette anecdote parce que le mois de novembre a besoin de la lumière du coeur....

*** *** ***

J'avais 16 ans quand j'ai trouvé mon premier trèfle à quatre feuilles lors d'une promenade en forêt. Mais c'était une feuille de trèfle d'une fleur mauve et non ces petits trèfles de gazon. Alors, devant l'indifférence de mon entourage, je me suis demandé si c'était vraiment ce porte-bonheur si rare et convoité. Je n'ai pas conservé ce trèfle qui représentait cette interrogation: " Ai-je vraiment trouvé un vrai trèfle à 4 feuilles ou n'est-ce qu'un simulacre?" Un mystère qui fut résolu lorsque j'ai rencontré mon second mari. Lors de notre premier rendez-vous, nous étions assis sur un banc et il me dit:" J'ai le don de trouver des trèfles à quatre feuilles." Il se penche, en cueille un et me l'offre!

C'est ainsi qu'a commencé notre cueillette de trèfles à quatre feuilles. Mes enfants se prenaient au jeu. Ils partaient avec Serge dans le parc au bout de la rue à la recherche des trèfles en question. Claire-France n'en trouvant pas, Serge l'encourageait en disant: " Il faut que je les appelle!" Et il criait:" Sortez les trèfles à 4 feuilles, on est là!" Il en repérait un et amenait Claire-France à le trouver. Olivier, lui, avait beau les voir, les cueillir, il s'acharnait à dire que ça ne se pouvait pas. Ah! la logique d'une tête de mule incrédule même devant l'évidence!

En compagnie de Serge, j'ai trouvé aussi des trèfles de cinq, six et même sept feuilles! J'en ai souvent offert en cadeau parce qu'ils symbolisent que l'impossible est possible si l'on sait chercher et voir!
Serge a été pour moi un porte-bonheur mais, comme la chanson de Félix, il s'en est allé...

Le lundi 12 avril 1999, il y eut vraiment une occasion spécialement mémorable.

Ce soir-là, Claire-France, seize ans et son amie Isabelle vont faire un tour au club-vidéo. Elles entrent dans le commerce et surprennent le commis au téléphone. Il pleure. Les filles sont très mal à l'aise surtout qu'elles viennent réserver des films pour le jeudi suivant et interrompent de ce fait cette conversation émouvante. Embarrassé, le commis leur dit: " Je m'excuse mais c'est difficile. Ma blonde vient de rompre avec moi au téléphone et ça faisait 2 ans qu'on sortait ensembles." Claire-France et Isabelle n'ont pas su quoi dire ou faire. Elles étaient gênées de se retrouver devant cet amoureux éploré. Arrivée à la maison, ma fille me raconte sa mésaventure.

Profitant du fait qu'elle jase au téléphone, je m'habille, prends un trèfle à quatre feuilles de ma collection et je me rends au club-vidéo. C'est plus fort que moi. Il fait froid et gris. Un temps d'hiver au printemps. Un temps à ne pas avoir le coeur en peine. J'entre dans l'établissement et le commis converse avec deux de ses amis. Je me promène dans les allées, regarde les films en attendant d'être la seule cliente. Alors, je me présente au comptoir et je demande au commis si ma fille a bien réservé les films pour jeudi. C'est le seul prétexte que j'ai trouvé pour m'assurer que je m'adresse à la bonne personne. Constatant que c'est bien l'amoureux en question, je lui donne mon trèfle à quatre feuilles et lui dis: " C'est pour vous remonter le moral. Je l'ai cueilli moi-même. Il est la preuve qu'il n'y a rien d'impossible." Son regard va de surprise en surprise. Il est saisi même. Il prend le trèfle et je me dirige vers la sortie. J'ouvre la porte, et j'ajoute en souriant: " Ayez confiance. Bonne chance!"
Je sors, tremblante d'avoir oser poser cette action et aussi tremblante de fatigue, car je souffre de fatigue chronique et ce geste a exigé beaucoup d'énergie. Je me fais penser à un ange, messager de Dieu. Je me sens solidaire de sa peine, des larmes d'un jeune inconnu. Solidaire par mon vécu personnel mais aussi porteuse d'un message d'espérance.

Je me dis que cet homme va raconter l'histoire du trèfle et il y aura au moins cette belle anecdote pour mettre un baume sur sa peine de coeur. J'arrive à la maison et je raconte à ma fille ce que j'ai fait. Elle est surprise et en même temps habituée " aux excentricités de sa mère" comme elle dit souvent mais pas tout à fait convaincue de la pertinence de mes actions!

Jeudi 15 avril.

Claire-France et Isabelle vont chercher les films qu'elles avaient réservés lundi dernier. Le même commis est là. Il leur demande: " Laquelle de vous deux est la fille de celle qui m'a apporté un trèfle?" Claire-France fait un signe de tête. Alors, il dit:" Grâce à ta mère, j'ai changé d'humeur à partir de ce soir-là. Pour vous remercier, c'est moi qui assume le coût des films!" Ce fut la surprise pour les filles qui reviennent dans l'auto où je les attendais en s'exclamant: " Tu n'en reviendras pas....!" C'est l'effet du trèfle tel l'effet-papillon qui agit démontrant aux filles qu'un beau geste porte ses fruits. Merci les anges de m'inspirer des actions justes et réussies.

Samedi 17 avril:

Claire-France est allée reporter les films au club-vidéo. C'est le boss qui est là. Elle donne son nom pour qu'on retrouve le numéro de la carte et il dit:" Ah! c'est ta mère qui est venu voir Daniel. C'est vraiment très gentil de sa part. Ça l'a beaucoup aidé." Dire que ce boss, à chaque fois qu'il me voit avec mon grand sourire, se sent gêné et m'évite s'il le peut! Ça va être drôle quand il va faire le rapprochement!

Quelques semaines plus tard, je mange au resto et, par la fenêtre, je vois une gang de jeunes et parmi eux, Daniel. Je ne l'aurais pas reconnu s'il ne s'était pas arrêté devant la vitrine mimant des ailes d'ange en me souriant!

Voilà une des nombreuses histoires qui colorent ma vie. Ma fille a été témoin de plusieurs. Heureusement, elle accepte mes manières d'être et je vous assure que ce n'est pas toujours évident.
La vie est belle quand on ose la rendre belle...:) Et si vous osiez, vous aussi?

Michellange

Pantoufle de l'âme

Bonsoir;

un vendredi d’octobre, j’ai eu mon premier atelier d’écriture. On nous a demandé d'écrire en 15 minutes une courte histoire. Nous devions choisir 4 mots parmi une quinzaine sur la liste.
Voici ce qui m'a valu des applaudissements enthousiastes....
Les 4 mots que j'ai choisis sont pierre, pantoufle, sourire, prier.

Comme j'aurais aimé être souple, rose, jolie et tendre.
Comme j'aurais aimé être à ses pieds comme un baume.
Mais j'avais beau prier, demander, gémir,
je n'y arrivais pas. Je n'y arrive toujours pas.

Je suis la petite sur qui l'on pile en criant "outch" en boitant. Je suis la petite pierre de l'allée, alors que j'aurais aimé être la belle de nuit, la pantoufle de contes de fées.

Je priai encore et encore inlassablement.

Et, un soir, une mule rose me frôle, s'arrête sans bruit. Une main s'approche et me cueille tendrement comme si j'étais la plus belle au monde, la plus précieuse. Depuis ce temps, je suis devenue porte-bonheur plutôt que porte-pied.
Je souris. Ma prière est exaucée. Je suis encore une pierre mais l'on me surnomme pantoufle de l'âme.

Alors, si en ce premier jour d'automne, vous vous promenez, si une petite pierre attire votre attention, cueillez-la. Vous aurez aussi une pantoufle de l'âme, celle qui pourrait faire de votre vie un beau conte de fées...


Michellange