Bonjour à vous, mes lecteurs assidus;
je vous offre cette anecdote parce que le mois de novembre a besoin de la lumière du coeur....
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J'avais 16 ans quand j'ai trouvé mon premier trèfle à quatre feuilles lors d'une promenade en forêt. Mais c'était une feuille de trèfle d'une fleur mauve et non ces petits trèfles de gazon. Alors, devant l'indifférence de mon entourage, je me suis demandé si c'était vraiment ce porte-bonheur si rare et convoité. Je n'ai pas conservé ce trèfle qui représentait cette interrogation: " Ai-je vraiment trouvé un vrai trèfle à 4 feuilles ou n'est-ce qu'un simulacre?" Un mystère qui fut résolu lorsque j'ai rencontré mon second mari. Lors de notre premier rendez-vous, nous étions assis sur un banc et il me dit:" J'ai le don de trouver des trèfles à quatre feuilles." Il se penche, en cueille un et me l'offre!
C'est ainsi qu'a commencé notre cueillette de trèfles à quatre feuilles. Mes enfants se prenaient au jeu. Ils partaient avec Serge dans le parc au bout de la rue à la recherche des trèfles en question. Claire-France n'en trouvant pas, Serge l'encourageait en disant: " Il faut que je les appelle!" Et il criait:" Sortez les trèfles à 4 feuilles, on est là!" Il en repérait un et amenait Claire-France à le trouver. Olivier, lui, avait beau les voir, les cueillir, il s'acharnait à dire que ça ne se pouvait pas. Ah! la logique d'une tête de mule incrédule même devant l'évidence!
En compagnie de Serge, j'ai trouvé aussi des trèfles de cinq, six et même sept feuilles! J'en ai souvent offert en cadeau parce qu'ils symbolisent que l'impossible est possible si l'on sait chercher et voir!
Serge a été pour moi un porte-bonheur mais, comme la chanson de Félix, il s'en est allé...
Le lundi 12 avril 1999, il y eut vraiment une occasion spécialement mémorable.
Ce soir-là, Claire-France, seize ans et son amie Isabelle vont faire un tour au club-vidéo. Elles entrent dans le commerce et surprennent le commis au téléphone. Il pleure. Les filles sont très mal à l'aise surtout qu'elles viennent réserver des films pour le jeudi suivant et interrompent de ce fait cette conversation émouvante. Embarrassé, le commis leur dit: " Je m'excuse mais c'est difficile. Ma blonde vient de rompre avec moi au téléphone et ça faisait 2 ans qu'on sortait ensembles." Claire-France et Isabelle n'ont pas su quoi dire ou faire. Elles étaient gênées de se retrouver devant cet amoureux éploré. Arrivée à la maison, ma fille me raconte sa mésaventure.
Profitant du fait qu'elle jase au téléphone, je m'habille, prends un trèfle à quatre feuilles de ma collection et je me rends au club-vidéo. C'est plus fort que moi. Il fait froid et gris. Un temps d'hiver au printemps. Un temps à ne pas avoir le coeur en peine. J'entre dans l'établissement et le commis converse avec deux de ses amis. Je me promène dans les allées, regarde les films en attendant d'être la seule cliente. Alors, je me présente au comptoir et je demande au commis si ma fille a bien réservé les films pour jeudi. C'est le seul prétexte que j'ai trouvé pour m'assurer que je m'adresse à la bonne personne. Constatant que c'est bien l'amoureux en question, je lui donne mon trèfle à quatre feuilles et lui dis: " C'est pour vous remonter le moral. Je l'ai cueilli moi-même. Il est la preuve qu'il n'y a rien d'impossible." Son regard va de surprise en surprise. Il est saisi même. Il prend le trèfle et je me dirige vers la sortie. J'ouvre la porte, et j'ajoute en souriant: " Ayez confiance. Bonne chance!"
Je sors, tremblante d'avoir oser poser cette action et aussi tremblante de fatigue, car je souffre de fatigue chronique et ce geste a exigé beaucoup d'énergie. Je me fais penser à un ange, messager de Dieu. Je me sens solidaire de sa peine, des larmes d'un jeune inconnu. Solidaire par mon vécu personnel mais aussi porteuse d'un message d'espérance.
Je me dis que cet homme va raconter l'histoire du trèfle et il y aura au moins cette belle anecdote pour mettre un baume sur sa peine de coeur. J'arrive à la maison et je raconte à ma fille ce que j'ai fait. Elle est surprise et en même temps habituée " aux excentricités de sa mère" comme elle dit souvent mais pas tout à fait convaincue de la pertinence de mes actions!
Jeudi 15 avril.
Claire-France et Isabelle vont chercher les films qu'elles avaient réservés lundi dernier. Le même commis est là. Il leur demande: " Laquelle de vous deux est la fille de celle qui m'a apporté un trèfle?" Claire-France fait un signe de tête. Alors, il dit:" Grâce à ta mère, j'ai changé d'humeur à partir de ce soir-là. Pour vous remercier, c'est moi qui assume le coût des films!" Ce fut la surprise pour les filles qui reviennent dans l'auto où je les attendais en s'exclamant: " Tu n'en reviendras pas....!" C'est l'effet du trèfle tel l'effet-papillon qui agit démontrant aux filles qu'un beau geste porte ses fruits. Merci les anges de m'inspirer des actions justes et réussies.
Samedi 17 avril:
Claire-France est allée reporter les films au club-vidéo. C'est le boss qui est là. Elle donne son nom pour qu'on retrouve le numéro de la carte et il dit:" Ah! c'est ta mère qui est venu voir Daniel. C'est vraiment très gentil de sa part. Ça l'a beaucoup aidé." Dire que ce boss, à chaque fois qu'il me voit avec mon grand sourire, se sent gêné et m'évite s'il le peut! Ça va être drôle quand il va faire le rapprochement!
Quelques semaines plus tard, je mange au resto et, par la fenêtre, je vois une gang de jeunes et parmi eux, Daniel. Je ne l'aurais pas reconnu s'il ne s'était pas arrêté devant la vitrine mimant des ailes d'ange en me souriant!
Voilà une des nombreuses histoires qui colorent ma vie. Ma fille a été témoin de plusieurs. Heureusement, elle accepte mes manières d'être et je vous assure que ce n'est pas toujours évident.
La vie est belle quand on ose la rendre belle...:) Et si vous osiez, vous aussi?
Michellange
jeudi, mars 25, 2010
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1 commentaire:
WoW! Quel belle anecdote Michelle...j'ai passé ma jeunesse a trouver des trèfles a 4 feuilles...ca me rappel de beau souvenir...Marie-France
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